Anecdotes

Suite à de nombreux et lancinants reproches de vilains jaloux, voici des anecdotes plus récentes ...
 

L’Homme Dariol et la 7ème série

Bien que la course d’Ollon-Villars ne soit pas chronométrée, notre fidèle syndic de Lavey a tout de même su nous bluffer et cela grâce à son intéressement indiscutable pour la logique mathématique.
 
Accrochez-vous ! Composée de 6 séries de bolides, la course de Côtes d’Ollon-Villars n’est malheureusement pas à l’abri de quelques incidents de dernière minute. Ces malheureux, en l’occurrence la série 6, n’a guère eu la chance de connaître le bon air matinal de Villars.
 
En bref, et selon notre maître Dariol, expert reconnu en logique mathématique (mais certainement fatigué après une délicieuse nuit passée sur la table de l’apéro bien molle), la 6ème série devait partir l’après-midi devant les autres y compris eux-mêmes.
 
Car oui, selon Dariol, il est possible de faire monter la 6ème série en premier et les 6 autres après sans que personne ne redescende. Hors, la route n’est ouverte aux concurrents uniquement pendant 2 heures. Mais, où est passée la 7ème série ?
 
Si vous avez compris, c’est que vous avez sûrement choppé la grosse tête ou le syndrome de l’hamster comme l’homme Dariol. A l’inverse, si ce résonnement n’a point de bon sens pour vous, c’est que vous êtes parfaitement constitué, rassurez-vous !
 
Quelque part entre Ollon et Villars, le 19 septembre 2010.

2006 - Le Monte-Carlo de Marcel

Janvier 2006, installation sur le port de Monaco, avec Marcel en renfort pour l'assistance. Marcel, c'est un bon Jurassien, un peu enveloppé, l'oeil aux aguets, prêt à tout. Nous dormons à une vingtaine de minutes du parc. Marcel est responsable d'une fourgonnette contenant des pneus qui va rester parquée à notre emplacement. On boucle et on va à l'hôtel. Lendemain matin, rendez-vous dans le parking pour un déplacement en équipe. Notre Marcel devient légèrement livide, mais l'air de rien prétexte d'avoir oublier des clés dans sa chambre. Dans notre monospace, tout le monde a compris que Marcel a dû oublier les clés de la fourgonnette, et immédiatement, on se doute qu'elle ne sont pas dans sa chambre. Il revient, toujours fébrile. "Alors Marcel, c'est bon ?". Une voix mal assurée dit "oui, oui, c'est bon". Personne n'est dupe et durant le trajet, c'est le silence radio. Marcel, toujours prêt à sortir une histoire ne pipe pas mot. Il est transparent à l'arrivée au port. Il bondit comme un diable de sa boîte et se précipite dans sa fourgonnette. Il revient, toujours l'air de rien, mais avec le sourire en plus. Les clés étaient restées là où il les avaient posées, sur le siège ..... Merci Monaco !

2005 - Le passeport de Peppone

Rallye en Italie, début septembre. Il fait chaud, les fenêtres de l'Iveco sont ouvertes, Peppone roule sur le contournement de Martigny pour attaquer la montée du Grand Saint Bernard, en sifflotant un air italien à la mode. Soudain, une bourrasque de vent s'engouffre par les fenêtres ouvertes et comme fait exprès, soulève la veste de Peppone, dont le passeport se trouve à l'intérieur. C'est comme si une main invisible avait saisi son passeport et l'avait lancé à travers la fenêtre. Panique immédiate. "Comment vais-je passer la douane, moi l'Italien sans papier. Et la semaine prochaine, nous partons en Syrie. Je dois retrouver mon passeport." Arrêt d'urgence. Ils sont deux dans l'Iveco et ils fouillent maintenant la chaussée, en évitant les voitures. Ils vont sous l'autoroute, mais ne trouvent pas ce fichu bout de papier qui a dû s'envoler plus loin avec le passage des voitures. Craignant de se faire houspiller par le chef, ils repartent au bout de longues minutes, sans le précieux sésame. Gérald et Manu attendent côté italien. Peppone décide de leur faire croire qu'il s'est fait refouler à la frontière italienne et qu'un copain va venir le chercher. Déjà les plans pour le remplacer s'échafaudent, les téléphones crépitent. Quand l'Iveco arrive en Italie, Peppone triomphant leur fait croire qu'il a traversé la douane par un petit chemin, bref un vrai miracle, dont personne n'est dupe ... ! Au retour, la troupe s'arrête à l'endroit où Peppone a perdu ses papiers. En 30 secondes, le passeport est retrouvé. Mais il a plu pendant  la nuit et Peppone est tout fripé sur la photo. En Syrie, on le regarde un peu de travers, mais il faudra près d'un an pour qu'il fasse refaire son passeport. Quant à Manu et Gérald, qui s'étaient laissé avoir par ce vilain mensonge, ils n'ont encore pas rendu la pareille, mais ils  y pensent ....

1999

Débuts de la Mitsubishi Lancer Evolution 6. Nous sommes contactés par un team français pour préparer et louer une voiture pour des clients corses, qu'il ne peut satisfaire, ses propres voitures étant déjà louées. Le Tour de Corse a lieu en avril. C'est sur les chapeaux de roue que nous terminons la voiture. Mais nous devons encore monter un réservoir supplémentaire, l'Evo étant gourmande et les secteurs d'un kilométrage très élevé. Nous descendons sur la côte d'Azur pour prendre le ferry. Dans les environs de Nice, nous nous arrêtons pour prendre livraison du réservoir supplémentaire. "Est-ce qu'il faut prévoir des raccords, un tuyau, des outils spéciaux ?" demande le boss. "Non, non, tout est prévu, t'inquiète pas !". Un peu méfiant, nous prenons livraison dudit réservoir. Comme prévu, tout va de travers, rien n'est conçu pour la Mitsu et toute la nuit se passe à travailler, façon suisse. Bref, sur le coup de 6 heures du matin, et un peu glauques, le chef décrète que c'est l'heure de ... l'apéro. Une bouteille de Ricard est sortie, c'est de circonstance dans la région, et pour clouer le bec définitivement aux Niçois, en guise d'eau fraîche, c'est dans le bocal d'injection d'eau de l'Evo, en débranchant le tuyau d'arrivée et en faisant tourner la pompe, que nos compères ont remplis leur verre ....

Monte-Carlo 1991

 
Fin 1990, nous sommes contactés par Olivier Burri, un pilote Jurassien qui avait fait parler de lui grâce à quelques bons résultats et qui, très motivé par ceux-ci, avait réussi à drainer derrière lui, toute une bande de fidèles copains et sponsors.
 
Avec notre Ford Sierra Cosworth 4x4 groupe N, nous avons l’arme du moment pour aller affronter le Monte-Carlo, ni plus ni moins ! Monte-Carlo, le rêve absolu, le monument ! 
 
A cette époque, pas si lointaine mais à des années-lumière de ce que nous vivons actuellement, il n’y avait pas de parc d’assistance, d’horaire aseptisé, et de règlements si tordus qu’on se demande en changeant un boulon si on en a le droit. Bref, c’était le début de la fin d’une ère un peu folle.
 
 
Un plan d’assistance, avec 27 épreuves spéciales, une semaine de course, un parcours de concentration partant de Lausanne et allant à Monaco et la possibilité d’avoir un camion avant et après chaque épreuve, cela prenait un certain temps à élaborer et mettre au point. En plus, nous ne pouvions avoir des jantes et des pneus en quantité indécente, car nous étions (et sommes toujours) une petite équipe avec des moyens limités.
 
Mais avec ce que nous avions, l’équipe d’Olivier et la nôtre, voulions avoir une approche professionnelle de la course.
 
Nous voici donc à Lausanne, un soir glacial de janvier, prêts à participer à une épreuve qui nous dépasse complètement, impressionnés par tous ces pilotes et ces voitures, mais décidés à bouffer du lion (d’ailleurs, du lion on en reparlera plus tard …).
La grande équipe est composée de :
  • 3 camions d’assistance équipés d’une cinquantaine de roues et de pièces de réserve.
  • 1 véhicule rapide équipé de pièces primordiales
  • 1 véhicule porte bagages et transporteur de roues entre les camions
  • 2 véhicules d’ouvreurs
  • 1 camping-car
  • 1 véhicule d’intendance léger polyvalent
  • soit …. 21 personnes
 
La voiture rapide suit la voiture de course tout au long du parcours de concentration et deux camions nous attendent sur le trajet, en cas de problème ….
 
Sans encombre, nous rejoignons notre dernier point d’assistance avant le parc de départ de Monaco. Là, à Nice – Saint Isidore a lieu la métamorphose de la groupe N : on lui met d’autres suspensions (on économise les suspensions de course), d’autres freins, d’autres roues, vidange moteur, un service complet !
 
Départ de la course, nous sommes samedi. Et là, soupe à la grimace dès la deuxième ES. Il y a de l’eau qui s’échappe du vase d’expansion … Immédiatement, nous avons compris : problème au niveau du joint de culasse. Nous arrivons ventre à terre à l’assistance pour confirmer le diagnostic. Et là, un des mécaniciens, Nicolas pour ne pas le nommer, est assis au volant et donne de grands coups de gaz. Pourquoi ? Mystère (d’ailleurs et petite parenthèse, on voit souvent des gens à l’assistance qui font cela pendant un temps considérable et on se demande toujours pourquoi ….). Coup de sang de Gérald Toedtli, le patron ! Un moteur turbo n’a pas besoin d’être traité de la sorte. Et de sortir une phrase restée célèbre et directement en rapport avec les affiches vues à Monaco représentant une gueule de lion grande ouverte : toi, tu es bon à être donné à bouffer aux lions ! Dès lors, tous les gars qui ont fait de l’assistance pour Nicolas, pilote émérite à ses heures, sont devenus … les lions du Oel.
 
Ceci dit, le rêve est en train de se fissurer. Comment allons-nous nous sortir de cette situation ? Analyse rapide : nous avons un joint de culasse neuf, la voiture est préparée dans les règles de l’art. Rien à se reprocher de ce côté. Comme il faut faire quelque chose car l’heure tourne, on baisse la pression du turbo (car à cette époque, on en avait plein avec notre bride de 40 mm !) et on décide de resserrer la culasse lors de l’assistance suivante, mieux outillée. La peur au ventre, on continue : la voiture de course avec Olivier et Agénor faisant de leur mieux, et nous, avec la voiture rapide, en pleine Cannonball pour rejoindre l’arrivée de l’épreuve suivante. En fin de journée nous sommes toujours en course, mais les symptômes sont toujours là. Et la seule pièce manquante dans les pièces de réserve, c’est … un joint de culasse.
 
 
Nous rejoignons Privas, et encolonnés, nous nous dirigeons vers le parc fermé. C’est alors que nous voyons l’équipe concurrente de Sport Garage. N’écoutant pas mon mari qui ne veut rien savoir, je sors de la voiture et reviens avec … le joint de culasse qui nous sauvera le rallye ! Le moral remonte aussitôt dans la troupe. Olivier et Agénor ruminent dans leur coin leur déception et pendant ce temps nous mettons au point une stratégie restée dans les annales. Une fois nos pilotes au lit, l’équipe d’assistance convient de remplacer le joint de culasse avant la première ES du matin. Comme nous avons une Sierra Cosworth, nous répétons les gestes de l’opération en grandeur réelle. Chacun aura sa place et sa fonction. La mienne n’est pas la moindre : je suis chargée d’annoncer à notre équipage notre décision le lendemain matin. Mais il faut les prendre à froid. C’est donc à la dernière minute avant de prendre possession de la voiture au parc fermé que je glisse à Olivier : Ah, au fait, on va remplacer le joint de culasse, alors évite de laisser tourner le moteur. Une pluie de protestations. Non, pas question, je ne veux pas abandonner au bord de la route, je préfère être bloqué dans la spéciale, etc. …Et de toute façon on ne s’arrête pas à l’assistance on passe tout droit. Je lui fais juste remarquer qu’on a besoin de pneus cloutés pour affronter Burzet et qu’il n’a pas le choix. Il faut nous faire confiance ….
 
Pendant ce temps, l’équipe d’assistance, par moins 10 degrés, est sur le pied de guerre. On a trouvé un endroit près d’un garage. On a improvisé une table avec des pneus et des palettes. Nous sommes plus que prêts. La voiture de course arrive. Nos pilotes font une de ces têtes ! Et là tout s’enchaîne. Chacun accomplit sa mission. 8 personnes s’affairent. On a même le loisir de changer les suspensions avant et les 4 roues. 28 minutes pour un record !
Je vous assure que 28 minutes plus tard, le sourire est revenu sur les lèvres d’Olivier et de Christophe pour ne plus les quitter jusqu’à l’arrivée ! Pour nous le rallye était gagné !
 
Mais nous avons été chanceux dans ce changement, car nous avions négligé un boulon, qui tenait un support moteur que nous devions absolument enlever afin de pouvoir soulever la culasse pour y glisser le nouveau joint. Eh bien ce boulon n’était simplement plus là. Coup de pouce du destin, à n’en point douter !
 
Nous n’étions qu’au matin de la deuxième journée, il restait encore plus de 20 ES. 
 
Souvenirs, souvenirs …Col Gerbier de Jonc dans le brouillard absolu. Plus de point de repère, ni nord, ni sud. Aucune idée de la direction à prendre et il faut être à l’arrivée de la spéciale pour voir le résultat de notre petite intervention … Après la spéciale de Saint-Jean-en Royans, une route magnifique, les petits et les grands Goulets, puis la plongée sur Die en compagnie des ouvreurs de Schwarz et Sainz. Et là, notre camion d’assistance. Personne alentour, le calme absolu. On s’arrête, on ouvre la porte et que voyons-nous : Mon Robert et Rodg, attablés devant une fondue, bien calfeutrés dans leurs tenues d’hiver. Un spectacle unique !
 
Ville-étape Digne. Vous imaginez bien que loger une vingtaine de personnes pendant une semaine n’est pas une simple affaire, ni au niveau financier, ni au niveau de la place. Nous étions logés à Peyruis, dans une sorte de camping, dans des bungalows. Endroit idyllique, mais en été. Les portes en plastiques de 4 mm d’épaisseur avec un jour de 3 cm en bas, la salle de bain dans les toilettes ou vice versa, des couvertures bien fines. Mais qu’est-ce qu’on a rigolé en voyant le Oel dans son lit superposé ! Dommage qu’on ait perdu l’adresse !
 
La voiture de course n’a plus eu de problème jusqu’à l’arrivée, 23ème au classement général, 7ème du groupe N. Ce ne fut pas la plus belle performance, mais à coup sûr les souvenirs les plus forts ! Je ne voudrais pas oublier de mentionner le dîner de gala au Sporting d’hiver de Monaco, avec un spectacle sur glace ( !) et un feu d’artifice étonnant quand les coupoles du toit du restaurant se sont ouvertes. Le tout au champagne ! Bien mérité !
 
 
Pour la petite histoire, peu après, chez Ford Motorsport, on apprenait qu’il y avait eu une série de joints de culasse défectueux ….

Rallye Lana 1992

 
La Ford Sierra Cosworth groupe N s’est transformé en une jeune groupe A. C’est toujours avec Olivier Burri aux commandes que nous sommes à l’attaque du championnat suisse. La première course de la saison a été remportée par Pietro Merlin, sur cette même voiture mais suite à une opportunité pour lui, il a été intégré dans l’équipe Mitsubishi. Il est donc notre grand rival pour le titre.
 
Le Rallye Lana, c’est un rallye de nuit et de jour. Petites routes sinueuses, chaleur, moustiques. Première spéciale. Appel à la radio : on a touché un pont. La porte côté Agenor s’ouvre à l’envers ??? !! On attend au bord de la route et soudain les voilà ! Eh bien oui, la porte s’ouvre à l’envers. Comme une boîte de conserve, le pont a arraché la charnière. La porte tient par la serrure ! On va à l’assistance du départ de la spéciale suivante, sans s’arrêter à l’assistance de fin d’épreuve. Merlin arrive. Même topo. Ils ont touché le même pont. A vive allure, Olivier passe devant le camion de Robert et Rodg, qui n’y comprennent rien. Extrait de leur conversation :  Dis Rodg, je crois avoir vu passer la voiture avec une porte en moins. Mais non Robert, tu a dû rêvé. Dis Robert, il me semble bien que Merlin n’avait pas de porte non plus. Ah bon !
 
Comme les liaisons passent mal, on n’a pas le temps de leur expliquer. Mais on a beau réparer la porte à grands coups de masse, on est obligé de la condamner. Agénor ne peut plus l’utiliser. Lors d’un regroupement, les commissaires nous donnent un ultimatum. Il faut trouver une autre porte. Et c’est là qu’un hasard incroyable va s’en mêler.
 
En voiture rapide, comme toujours, nous sommes au départ d’une spéciale. Nous réfléchissons. Comment trouver une porte. Bon on connaît bien un Italien qui bricolait des Sierra et vient du coin, mais comment le contacter ? A tout hasard, je branche la radio CB sur la fréquence de l’écurie Chicco d’Oro, à laquelle appartient Olivier. On parle à Vanni, le responsable de l’écurie et on lui demande s’il n’a pas vu le gars en question. Et là, il répond : Mais oui, il est à 10 mètres. Nous lui expliquons le cas. Oui il lui reste une porte avant gauche. On regarde le timing et on se donne rendez-vous à l’assistance suivante. Et c’est ainsi que Robert et Rodg ont vu arriver une porte. « Tu vois, je t’avais bien dit qu’il y avait quelque chose de bizarre … »

Monte-Carlo 1993

 
Nous sommes repartis ! Et avec 2 voitures ! Notre bonne Ford Sierra Cosworth groupe A aux mains d’Olivier Burri et la nouvelle Escort Cosworth groupe N, pilotée de main de maître par Manu Jenot de Monaco. Il connaît bien le terrain, a participé plusieurs fois au Monte. Tout a commencé entre nous par une affaire de jantes et de plaquettes de freins ! Lors de notre premier Monte en 1991, Manu nous avait contacté car il roulait sur une Sierra Cosworth groupe N et manquait de jantes neige 15 pouces. Le réseau Ford français, mal organisé, ne pouvait livrer en temps voulu des jantes pour pneus neige, alors qu’en Suisse, nous en avions à profusion. (D’ailleurs, nous avons dû fausser toutes les statistiques cette année-là, car la suivante, l’agent Ford de notre région en a fait provision et les a gardées quelques années ….). Nous lui avions donc livrer des jantes et des plaquettes de freins à Nice , lors de l’ultime assistance du parcours de concentration.
 
Bref, une équipe à bloc, avec deux voitures capables de faire des résultats surprenants ! Le rallye démarre. Belle bagarre en groupe N, avantage Manu Jenot. Un petit changement de boîte à vitesses sans énervement ( !) et tout se passe bien jusqu’à la dernière nuit. La groupe A va son bonhomme de chemin, les places sont jouées. Il faut rouler !
 
Michelin offre des pneus au vainqueur de chaque étape et nous bénéficions, pour la groupe N, de pneus « évolution », un peu plus larges. Nous les montons sur nos jantes. Nous sommes au cœur de la nuit, avec ce sentiment d’être un peu vaseux. Il fait froid. On a sommeil. Nous sommes en course depuis bientôt une semaine. La voiture de Burri arrive. L’Escort doit arriver. Une minute. Rien. Les secondes défilent. Un malaise s’installe. La boule à l’estomac. Les liaisons radio CB fonctionnent mal. Deux minutes. Rien. On veut croire à un arrêt de course. Trois minutes. La voiture qui suit la nôtre arrive. Drame. Que s’est-il passé ? On se précipite. L’Escort aurait raté un virage. Nous sommes branchés sur radio Monte-Carlo. Peut-être vous souvenez-vous de la dernière nuit, avec des invités prestigieux. Il y a Michèle Mouton qui parle et raconte. Soudain, la voix de Manu. Il a trouvé un téléphone et nous donne des nouvelles en direct. Il ne comprend pas pourquoi la voiture n’a pas tourné. Problème technique. Nous sommes anéantis. Nous tenions une victoire et tout s’arrête. On a de la peine à s’intéresser à la groupe A pendant quelques minutes. 
 
Cet abandon dû à un concours de circonstances et de petits détails qui se sont enchaînés les uns les autres nous laisse le goût le plus amer de tous les échecs de notre carrière …
 
En fait, Manu a été victime d’une crevaison lente. Les pneus, plus larges que ceux que nous avions eu jusque là, ont frotté contre l’assiette inférieure du ressort de suspension et ont entamé le pneu. Celui-ci s’est dégonflé peu à peu et quand la voiture s’est trouvée en appui, la roue avant s’est affaissée. Manque de chance, la glissière qui bordait la route n’était pas solidement fixée et la voiture a terminé sa course dans un champ en contrebas.
 
La Sierra d’Olivier Burri terminera 7ème au général (meilleure performance d’un équipage suisse en championnat du monde !).
 
Et l’année suivante, nous nous vengerons en remportant ce fameux groupe N avec Manu Jenot et Slo et cette bonne Escort!